14 mai 2007
L'aventure de Mme Muir (1947)
Lucy Muir est une jeune veuve, mère d'une petite fille prénommée Anna, qui décide de commencer une nouvelle vie en partant s'installer dans une petite ville en bord de mer.
Contre l'avis du notaire, Lucy a décidé de louer la Villa des Goélands qui a la réputation ... d'être hantée ! Mais Lucy semble ravie, nullement effrayée par ces contes d'un ancien temps, et conclue le marché.
Bien entendu, les racontars avaient raison : cette maison qui appartenait au Capitaine Gregg est toujours habitée par son esprit qui rôde et fait des misères aux nouveaux intrus.
Lucy résiste et ne se laisse pas impressionner, jusqu'au jour où elle se trouve nez à nez avec le Capitaine Gregg en personne !
Tous deux constatent qu'ils sont aussi têtus l'un que l'autre, aussi mieux vaut s'accorder à une cohabitation au lieu des chamailleries.
Mais le temps passant, Lucy se trouve à court d'argent et accepte la proposition du Capitaine : écrire le livre de sa vie. En se rendant à Londres chez un éditeur, Lucy Muir fait connaissance avec un auteur séduisant qui lui fait du charme.
S'apercevant qu'elle n'est pas insensible à ce jeu romantique, Lucy se prête à rêver à une nouvelle romance, une histoire réelle avec un homme qui existe vraiment.
Et le Capitaine Gregg, alors ?...
Cette histoire est somptueuse ! Oui, n'hésitons pas à la qualifier ainsi. Car cette adaptation du génial Joseph Mankiewicz est irréprochable, captivante et peut émouvoir le plus borné des spectateurs !
L'histoire de Lucy Muir est avant tout un gros succès en librairie : The Ghost & Mrs Muir par R.A. Dick. C'est la sublime Gene Tierney qui incarne Lucy Muir et ce fut un choix irréprochable tant l'actrice est impeccable du début à la fin, n'hésitant pas vieillir dans les dernières minutes du film, mettant en péril l'image idyllique d'une femme délicate qui a marqué la pellicule durant 90 minutes.
Mais ce n'est finalement qu'en apparence que le personnage de Lucy Muir est fragile, car la jeune femme se révèle très vite passionnée et brûlante de désir de bousculer son train-train monotone ! Sa relation avec le Capitaine Gregg lui apportera ainsi le sel qui lui manquait pour pimenter son quotidien.
Leurs tête-à-têtes ne manquent pas de feu : les échanges sont vifs, piquants et offrent de savoureux échanges entre la belle et son fantôme. Mais qui est vraiment le Capitaine Gregg ? un esprit frappeur ? un être qui hante les murs d'une maison qu'il refuse de quitter ? ou un rêve ?
Car finalement le film va chercher à distiller le doute. L'histoire devient une magnifique parabole sur la vie rêvée et la vie réelle, étrange dualité qui prend tout son poids à travers la bouleversante Lucy Muir. Alors que le film nous habituait à une comédie fantastique d'une qualité hors pair, alliant la finesse, l'humour et l'amour, l'histoire de Mrs Muir tombe ensuite dans la tendre mélancolie.
On assiste à une déclaration d'amour renversante, au temps qui passe et on suit cette femme qui s'est donnée comme règle de vie d'aimer et d'être aimée entièrement.
Cette comédie fantastique rappelle les intrigues des grands romans anglais, avec les esprits fantômes, le bord de mer et la campagne anglaise, une grande maison confortable mais mystérieuse, sans oublier les prémices d'une aventure amoureuse... Des ingrédients nécessaires, indispensables et qui composent ce film, bien entendu !
"You must make your own life amongst the living and, whether you meet fair winds or foul, find your own way to harbor in the end."
(Rex Harrison as Captain Daniel Gregg)
L'aventure de Mme Muir, film de Joseph Mankiewicz (1947) - avec Gene Tierney, Rex Harrison, George Sanders & Natalie Wood (qui interprète la jeune Anna). Titre vo : The Ghost & Mrs Muir.
Commentaires
Un super film pour un super blog ;-))))
Puis c'est bientôt Canne...
Donc bienvenue et longue vie à ce New BLOG Ciné,
Clarabel
Je ne t'étonnerai pas en t'avouant que ce film est parmi mes préférés...
Je l'ai vu si souvent...
A la folie.
P.S. : jolie idée de séparer les films du reste et j'aime beaucoup la bannière. :-)
Merci beaucoup Alice !
Tiens oui c'est vrai, c'est bientôt Cannes ! Quelle drôle de coincidence !!!
Purement fortuite, je précise ! ;o)
Miss Holly, vous êtes la bienvenue entre ces murs...
Je suis encore une fois ravie de découvrir que nous partageons cette affinité pour les fantômes, pas n'importe lesquels, ... chut ! :)
rhôôôô là là mais quel lieu de perdition ce nouveau blog...
bon alors je mets quoi en haut de la liste de films à voir moi???!!! Je ne connais aucun des acteurs, mais je le note, je le note... je vais essayer de trouver un peu de place sur mon cahier ;)
Hihihi !
Les films de ce réalisateur sont incroyables, de vrais chefs d'oeuvre et le terme n'est pas galvaudé !
J'espère que cette rencontre sera la bonne ! Si tu n'aimes pas, tu es radiée de nos listes !!! :D ;o)
J'adore ce film, Gene Tierney est formidable (quelle belle actrice! Dans "Laura", elle est extraordinaire!) et Rex Harrison, ahhh! quel homme! (c'est lui qui sauve "Cléopâtre" ce grand et sublime ratage). Ce film est tout simplement sublime...
Oui oui entre Rex Harrison (quel homme,je confirme !) et Gene Tierney que du bonheur !
Souvenir
Suite à la lecture de ton nouveau blog, j'ai revue ce film oublié au fond de ma bibliothèque.
Quel plaisir, quel bonheur! Ce film est toujours aussi fantastique.
Bravo pour ton blog, très bien fait.
A bientôt
Merci beaucoup Naima !
J'ai voulu dénicher le livre en question, mais il est soit hors de prix, ou en rupture de stock ! Je vais aller fouiller chez les bouquinistes...
Je me réserve d'autres films avec Gene Tierney, dont "Laura"...
J'aime beaucoup cette ambiance, qui renvoie (comme je le citais) aux romans anglais qui impliquaient des esprits fantômes et des passions impossibles, sur fond de mer et dans une grande maison bourgeoise. J'ai trouvé cet article (http://www.dvdclassik.com/Critiques/dvd_mmemuir.htm) qui fait état de ceci :
Ce film fait partie de ce courant qu’on pourrait nommer ‘fantastique romantique’ ou ‘comédie fantastique’ qui a connu son apogée dans les années 40 en Europe comme à Hollywood et qui a amené sur les écrans son lot de gentils fantômes et de morts en sursis. En ces périodes troublées et au milieu d’un monde chaotique, la Mort au cinéma représente alors souvent un idéal inaccessible, Mme Muir, par exemple, attendant patiemment son dernier soupir pour espérer enfin retrouver son fantôme bien aimé. Ce genre délicieux par excellence est composé d’œuvres comme Peter Ibbetson de Henry Hathaway, Le ciel peut attendre de Ernst Lubitsch, Le portrait de Jennie de William Dieterle, La vie est belle de Frank Capra ou, dans une veine plus humoristique, le délicieux Ma femme est une sorcière de René Clair. Une ‘mode’ qui a traversé aussi l’Atlantique puisque Michael Powell et Emeric Pressburger tourneront le merveilleux Une question de vie et de mort et David Lean L’esprit s’amuse en Angleterre alors que Claude Autant-lara réalisera en France Sylvie et le fantôme. L’exquise alchimie constituant la recette de ces œuvres s’est malheureusement évaporée, car hormis quelques réussites éparses, les grands succès du genre de ces dernières années ont gagné en mièvrerie ce qu’ils ont perdu en magie et en poésie, l’exemple le plus flagrant étant le médiocre et pourtant ultra bénéficiaire Ghost de Jerry Zucker. Au lieu de nous lamenter, revenons en arrière jusqu’au film qui nous préoccupe ici.
(Bien entendu, je suis 100% d'accord !!!)
A propos de Cléopâtre, justement il me faut le voir à nouveau ! Je l'ai vu il y a bien longtemps lors d'un passage à la tv, j'aimais bien, oui, oui ! par contre, un coup de fil dans la soirée m'a privée du bon tiers de la fin ! :/
Ce qui s'appelle MON ratage à moi !! ;o)
J'aime beaucoup "Le ciel peut attendre" même si ce n'est pas mon Lubitsch préféré (comme "The shop around the corner", "la huitième femme de Barbe-Bleue" ou "sérénade à trois" qui sont des chefs d'oeuvre) et "la vie est belle", rhalalala, ce film et tellement bouleversant qu'à chaque fois que je le revois je pleure. James Stewart est tellement bouleversant, quand il voit défiler la vie sans lui, ah, j'en frissonne, et la fin... chair de poule et larmes assurées. Capra me fait de toute façon beaucoup pleurer (et aussi beaucoup rire)...
Pour "Cléopâtre", ce film démesuré, le ratage réside pour moi dans le couple Taylor/Burton, qui (sur)jouent leur propre relation complètement tordue. C'est quand même un film intéressant (et puis c'est quand même Mankiewicz, mais on comprend après ça qu'il ait tourné "Le limier"...)
Tu excuseras les répétitions dans le précédent commentaire... :) emportée je me suis... :)
Quant à "Ghost", je suis d'accord, c'est d'une grande médiocrité, et même pas drôle en plus... 2 heures d'ennui (et je ne trouve pas Swayze sexy, rien à sauver donc).
(Complètement d'accord ! Et dire que je pensais être la seule à bouder le chouchou des filles de mon âge à la grande époque de "Ghost" & "Dirty Dancing"... bah nan, moi je ne voyais pas le "sexy".. où ça ? )
"The Shop around the corner" !!! j'étais folle de joie de découvrir ENFIN le DVD disponible ! Je vais en parler, bien entendu...
Tout comme "La vie est belle".
Je comprends ton émotion. Et puis j'aime l'idée des larmes qui se mélangent aux rires, ça fait super illogique mais je trouve le résultat très, très intéressant.
Pour ne pas dire exaltant ! :)
hello,
la page que tu as indiqué (http://www.dvdclassik.com/Critiques/dvd_mmemuir.htm) n'existe pas !!!
Je suis d'accord avec vous "Ghost" est un navet tristounet sans saveur. Mais j'avoue à l'époque avoir trouvé Swayze très sexy !!
Ah Naima ! prise dans les filets ! sous le spot de ma lampe de bureau, tu avoues honteuse ce "crime" !!! :D
Bon allez, je suis clémente : je pardonne ! ;o)
Rhooo, flûte pour le lien : une parenthèse s'est glissée au mauvais endroit. Je rectifie, voici le bon lien :
http://www.dvdclassik.com/Critiques/dvd_mmemuir.htm