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Salles Obscures
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17 septembre 2015

Les Joyaux du paradis, par Donna Leon

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J'ai été probablement induite en erreur en voyant le nom de Donna Leon sur la couverture, anticipant un récit d'ordre criminel ou policier, ce qui est finalement loin d'être le cas. Quand on jette un coup d'œil à la quatrième de couverture (ce que je fais rarement), on découvre alors que cette œuvre est à l'initiative de Cécilia Bartoli, la chanteuse lyrique, qui souhaitait partager sa découverte d'un compositeur baroque du XVIIème siècle. Ni plus, ni moins. On est presque en droit de regretter son empressement, mais tout n'est pas mauvais non plus.

Caterina Pellegrini est une musicologue passionnée, qui s'ennuie à Manchester où elle travaille. Elle profite de l'occasion qu'on lui offre de retourner à Venise, sa ville natale, pour le compte de deux cousins qui se disputent un héritage et qui souhaitent l'avis d'un expert pour délivrer les clauses testamentaires. Deux malles appartenant à Agostino Steffani, un compositeur baroque tombé dans l'oubli, auraient en effet refait surface. Le travail de Caterina consisterait à analyser leur contenu, sans s'embarrasser des détails, lui souligne-t-on.

La rencontre avec ses employeurs et leur avocat rend la jeune femme mal à l'aise, ces hommes sont cupides et croient en l'existence d'un trésor, ils n'en ont que faire du potentiel historique et culturel des malles. Malgré tout, Caterina se dévoue à sa besogne avec un esprit consciencieux et méticuleux. Elle réalise assez rapidement que le parcours de vie de Steffani était plus que mystérieux, l'homme aurait multiplié les vocations (compositeur, castrat, évêque, émissaire diplomatique, peut-être aussi espion et complice de crime).

Plus elle va éplucher sa correspondance, se plonger dans les ouvrages annexes et solliciter sa sœur Cristina, aussi une chercheuse de grande renommée, qui est en train de remettre en question sa vocation religieuse, et plus Caterina va s'enthousiasmer pour son projet et oublier la pression des cousins. Elle s'offre même un interlude romantique avec le séduisant avocat, se promène le soir dans les rues de Venise et frise la crise de panique lorsqu'un individu la piste. Autant dire que l'ensemble est coquet, saupoudré d'un nuage de suspense, mais très léger aussi, car on s'interroge sur la vie du compositeur baroque, mais aussi sur ce que va découvrir Caterina en fouillant les archives.

L'histoire emprunte quelques pistes pour enflammer l'éveil du lecteur, mais sans toutefois le maintenir en ébullition. C'est un peu ce que je reprocherai à cette intrigue, d'avoir tenté... pour faillir piteusement. Car l'ensemble est plat, pas franchement émoustillant, même si j'ai tenu à aller jusqu'au bout du récit pour connaître le fin mot de l'histoire. Mais je pense que j'oublierai très vite tout ça ! Par contre, ce qui a permis d'embellir la lecture, pour moi, c'est d'avoir privilégié la version Audiolib avec Sabrina Marchese en narratrice. Avec son léger accent italien, très mélodieux, elle rend la lecture séduisante et dépaysante.


Audiolib / Calmann-Lévy, 2012 - traduit par William Olivier Desmond
texte intégral lu par Sabrina Marchese - durée 9h20

Écoutez l'extrait lu par Sabrina Marchese
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17 septembre 2015

Une place à prendre, par J.K. Rowling

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J'ai attendu que le buzz autour du nouveau roman de JK Rowling s'essouffle pour enfin saisir l'occasion de découvrir ce qu'il recelait. Et ma foi, je n'ai pas du tout été déçue ! C'est franchement une lecture brillante, captivante et très amère que l'auteur nous propose, chacun jugera selon sa sensibilité, pour ma part j'ai été embarquée dès les premières pages.

Tout commence par le décès brutal de Barry Fairbrother, la quarantaine, époux et père de famille comblé. Il était également membre du conseil paroissial, c'est d'ailleurs le petit détail qui fera toute la différence, car à l'occasion de l'élection du nouveau membre, une série de passions intimes va se déchaîner.

Les chapitres sont dans l'ensemble assez courts, car ils permettent un tour d'horizon pointilleux sur la communauté de Pagford, une bourgade charmante, qui se veut chic et noble, mais qui souffre d'une épine dans le pied avec l'implantation d'une cité et une clinique de désintoxication. Une partie de la société rétrograde trouve que cela fait désordre dans le paysage, et voudrait refourguer le paquet à la commune voisine, Yarvil.

Evidemment, Barry Fairbrother était un partisan de cette cité nommé Les Champs, dont il était originaire et avait su s'élever en devenant un membre respectable et respecté de la petite ville. Il avait d'ailleurs pris sous son aile la jeune Krystal Weedon dans son équipe d'aviron, afin de l'éloigner de son milieu désœuvré avec sa mère junkie, son petit frère surveillé par les services sociaux, tout ça sans père ni boulot.

On découvre tout un petit noyau de personnalités assez caractéristiques, la veuve éplorée et rancunière, le meilleur ami sentimentalement instable, le grand manitou qui pousse son fils à se lancer en politique, l'épouse de celui-ci qui noie son ennui dans l'alcool, la femme médecin aux nerfs fragiles, l'assistante sociale qui a cru avoir droit à sa part de bonheur, le type aigri qui se défoule en tabassant ses proches, sans oublier les adolescents, autres éléments déclencheurs, car ils sont les spectateurs désabusés de cette foire aux monstres, et eux aussi ont leurs comptes à régler.

Ce regard posé sur notre société est cynique, sans concession et sans équivoque. Pour ceux qui en seraient restés à une vision magique et enchanteresse de l'univers de Harry Potter, ils ont matière à être bousculés et à regretter ce changement de registre. En ce qui me concerne, j'ai été bluffée. J'ai opté pour l'écoute en Audiolib de cet épais roman de plus de 600 pages, du coup cela représente pas loin de 21 heures de lecture attentive. C'est impressionnant, mais honnêtement je n'ai pas vu le temps passer et j'ai été captivée par cette magistrale orchestration, qui a bien su souligner l'intensité dramatique au fil des chapitres.


Texte intégral lu par Philippe Résimont / Traduit de l'anglais par Pierre Demarty
Grasset, 2012 - Audiolib, 2013

17 septembre 2015

Profanation : La deuxième enquête du département V, par Jussi Adler Olsen

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Nous retrouvons notre inspecteur Carl Morck et son assistant Assad en train de dépouiller un dossier déposé par une main anonyme sur leur bureau, au sujet d'une histoire qui aurait déjà trouvé son dénouement. Il y a vingt ans, un frère et une sœur ont été sauvagement assassinés dans une maison de campagne, le coupable a reconnu les faits, permettant d'innocenter une bande de jeunes gens très riches et snobs, accessoirement coupables d'assouvir leurs instincts les plus vils en pratiquant des parties de chasse aux trophées douteux.

Donc, ce petit club élitiste n'a jamais été inquiété et a prospéré, formant aujourd'hui les nouvelles puissances montantes et influentes. Carl, lui, est intrigué mais pas réellement motivé. C'est seulement lorsque ses supérieurs tenteront de le mettre au frais qu'il va sérieusement s'investir dans cette affaire crapuleuse. Il a notamment remarqué que la seule femme du groupe, complice de leurs vices, a disparu de la circulation et serait réapparue en tant que SDF aux alentours de la gare. Il missionne Assad pour la contacter, toutefois ils ne sont pas les seuls sur la piste, car ses anciens acolytes sont déterminés à mettre la main sur cette Kimmie. La clef de l'énigme ?

Autant j'ai apprécié retrouver les personnages, le département V, tous les petits secrets des uns et des autres, suivre les histoires qui se déploient dans l'ombre, autant j'ai été moyennement emballée par l'intrigue criminelle en elle-même. Trop glauque, polluée par des détails sordides, distillant un suspense éventé, jouant avec notre corde sensible, bref l'enquête n'est pas particulièrement palpitante. De plus, l'auteur a exagérément noirci le portrait des hommes à abattre, ce qui accentue la sensation de malaise. Donc, bémol sur l'intrigue et ses entournures, mais j'espère que le troisième tome va reprendre du poil de la bête.


Albin Michel, 2012 - traduit par Caroline Berg

  • Parution du premier tome, Miséricorde, en Livre de Poche.
17 septembre 2015

Lily Bard, tome 4 : Libertinage fatal, par Charlaine Harris

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Un lundi matin, en se rendant au boulot, Lily Bard découvre une voiture rouge dans les bois, avec à l'intérieur le cadavre de Deedra Dean. Allons donc, c'est reparti pour un tour. Lily contacte la police, tente d'éventer leurs soupçons, s'interroge sur cette mort brutale. Elle ne connaissait pas particulièrement la victime, mais faisait des ménages chez elle et savait, un peu comme tout le monde, que Deedra avait des mœurs légères. Tout de suite, il est établi que le crime serait d'ordre sexuel.

Quelques jours plus tard, Lily sauve in extremis un vieil homme piégé dans sa maison, alors qu'on venait d'y mettre le feu. La jeune femme étant somnambule, elle a coutume de déambuler dans les rues et de prévenir la police au moindre agissement suspect. Cette fois, elle se trouve davantage impliquée, passée sur le grill. Mais plus personnellement, cela réveille des souvenirs de sa propre agression. De plus, Lily s'inquiète car son business de femme de ménage est en train d'en prendre un coup dans l'aile. Depuis trois livres déjà, elle ne cesse de perdre des clients !

Quid du mystérieux et irrésistible Jack Leeds ? Il est hélas très peu présent dans cet épisode, coincé entre Little Rock et la Californie. Le couple se téléphone, mais le manque est là. Lily commet d'ailleurs un petit impair, avec Bobo Winthrop, c'est bête. Par contre, dès lors que Jack fait son apparition, on ne joue plus dans la même cour et on comprend qu'un grand pas va être franchi d'ici peu. Chic !

J'aime vraiment beaucoup cette série, qui se termine avec le 5ème livre ( Shakespeare's counselor). L'ambiance à Shakespeare n'est pas chaleureuse ni guillerette, c'est tout le contraire, mais quelque part on s'y attache, et comme on connaît de plus en plus les personnages, chaque coup dur ne nous paraît plus si anodin. Ce sont peut-être des bouts de vie sordides, parsemés à travers la lecture, mais heureusement on y trouve aussi un peu d'humour, de bonne humeur et de l'amour vrai, sincère, authentique.


J'ai Lu, 2013 - traduit par Tiphaine Scheuer

17 septembre 2015

Les apparences, par Gillian Flynn

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Nick et Amy sont mariés depuis cinq ans. Comme chaque année, la jeune femme organise une chasse aux trésors pour fêter leur anniversaire de mariage. Or, ce jour-là, Nick rentre chez lui et découvre sa maison saccagée. Sa femme, elle, a disparu. Aussitôt l'enquête pèse sur le mari dont le stoïcisme affiché attise les foudres de la vindicte populaire. En filigrane, nous découvrons le journal intime d'Amy, et soudainement l'histoire prend une vilaine tournure.

Les doutes s'installent, bien ancrés, poisseux et dérangeants. Puis, résonne le gong de la deuxième partie, nos certitudes de nouveau vacillent et l'histoire revêt un voile trouble qui finit de nous rendre complètement dingue. Qu'est-ce que j'ai pu aimer ce livre ! Le scénario est machiavélique, avec une mise en scène sophistiquée et au suspense saisissant. L'auteur nous raconte l'idée qu'on se fait d'une histoire d'amour, selon le principe qu'on aime plus souvent l'idée qu'on se fait d'une personne, plutôt que la personne elle-même. Et ainsi, elle nous déroule son intrigue avec un aplomb incroyable, une finesse exemplaire, le tout ponctué de coups de théâtre retentissants.

J'ai été bluffée. La version Audiolib nous propose deux lecteurs, Julien Chatelet pour les passages concernant Nick, et Odile Cohen (la voix française d'Uma Thurman) pour toutes les parties d'Amy. Ces deux voix racontent chacune leur histoire, elles se font écho, proposent une version, puis une autre, et nous, au milieu, nous avons le tournis. Mais c'est grandiose ! Singulièrement prenant, stupéfiant et bien campé. J'adopte définitivement les romans de cet auteur, que je vais découvrir sans plus attendre.


Sonatine, 2012 / Audiolib, 2013 - traduit par Héloïse Esquié
Livre audio 2 CD MP3 - durée : 18 heures

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17 septembre 2015

Si douce sera la mort, par Charlaine Harris

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Suite à la mort accidentelle de ses parents, six mois plus tôt, Catherine Linton est rentrée au bercail, à Lowfield, petite ville du Mississippi. Après avoir tenté de convaincre le shérif James Galton d'enquêter sur cette tragédie, en pure perte, la jeune femme s'est repliée sur elle-même et mène une existence recluse et solitaire. Elle sort juste pour se rendre à son job pour la Gazette locale, tenue par Randall Gerrard, ou pour s'entraîner au tir dans les champs.

C'est seulement après avoir découvert le cadavre d'une femme, sur les terres de sa famille, que les inspecteurs vont enfin la prendre au sérieux. Leona Gaites, la victime, était l'ancienne infirmière qui travaillait avec son père. Son corps a été battu à mort, puis jeté dans une cabane paumée. Etrangement, sa présence sur les lieux du crime fait de Catherine la nouvelle attraction de la ville. Les gens s'inquiètent, ils s'interrogent aussi, surtout lorsqu'elle va encore tomber sur un deuxième corps, cela commence à faire trop de coïncidences.

Alors, mine de rien, ce roman date déjà de 1981 et accuse un peu le coup. Il n'est pas fondamentalement dépassé, ou vieillot, si ce n'est un petit côté kitsch que je trouve plutôt charmant. Par contre, l'héroïne, Catherine, n'inspire pas franchement l'empathie. Elle se révèle, à tour de rôle, grincheuse, colérique ou négligée. Malgré tout, son histoire m'a plu. L'intrigue policière est classique, dans la tradition du whodunit, mais l'ensemble est prenant. J'avais très vite deviné le fin mot de l'histoire, toutefois cela ne m'a pas empêchée de suivre le fil sans moufter.

Et puis, il y a cette ambiance du Sud, si chère à l'auteur, reconnaissons que c'est tout de même quelque chose... la ségrégation raciale, le culte de la réussite, le souci des apparences, les secrets, les mensonges, le chantage, les mentalités étriquées ... Eh oui, tout ça, tout ça ! Voilà qui nous cadre un moment de lecture particulièrement dépaysant, mais pas désagréable non plus.


J'ai lu, 2012 - traduit par Anne Muller

17 septembre 2015

Les voix du crépuscule, par Lisa Unger

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L'histoire se situe dans la proche banlieue de New York, aux Hollows, petite bourgade réputée tranquille et silencieuse, cerclée par des bois qu'il faut éviter de traverser, à cause des mines souterraines. Une vingtaine d'années plus tôt, une femme a disparu, abandonnant son mari et ses deux jeunes enfants. C'était la première grosse enquête de Jones Cooper, aujourd'hui flic à la retraite et occupant ses journées à bichonner les jardins de ses voisins.

Lorsque Michael Holt est de retour en ville, pour vider et vendre la maison de ses parents, il souhaite également rouvrir le dossier sur la disparition de sa mère. Il a embauché un détective privé, lequel est assisté d'une médium, Eloise Montgomery, qui fait des rêves sur les morts suite à un tragique accident de voiture. Sans comprendre pourquoi, elle a eu une vision de Jones Cooper et vient le lui signaler. Ce dernier est intrigué, mais a d'autres chats à fouetter.

En effet, Jones a été sollicité par la très discrète Paula Carr, mariée et mère au foyer, qui s'inquiète à propos de la première femme de son mari. Celle-ci a envoyé son fils Cole en vacances chez eux, mais depuis n'a plus donné de nouvelles. Kevin prétend qu'elle a mis les voiles, mais Paula est quelque peu perplexe. Personne ne doit être au courant de cette enquête que Cooper tient à cœur de conclure, pour se réconcilier avec ses vieux démons.

Cette lecture n'est finalement composée que d'action lente et d'introspection, avec une ribambelle de personnages dont les destins vont finir par se croiser, ou disons qu'on s'en doute, sinon à quoi servirait cette galerie de portraits interminable ? Bref, l'auteur déroule son fil sur un rythme nonchalant, en entretenant l'idée que l'on se fait du suspense, c'est psychologique, pas éclaboussant.

Il faudra attendre la deuxième partie, au bout de 300 pages, pour enfin s'offrir un début de frisson. C'est dommage d'avoir cherché à tout décortiquer, dans la présentation des lieux, des personnages et dans l'analyse de leurs sentiments, leurs secrets et leurs pensées, c'est beaucoup trop touffu, trop long. Le dénouement, finalement, n'est qu'une suite de décompression après toutes les fausses angoisses perçues. Je vous jure, rien que le prologue promettait une histoire plus stressante.

Ce n'est pas une déception, juste une frustration. C'est moins un thriller, et davantage une sombre histoire de vies ordinaires bousculées par les désordres amoureux et les non-dits, avec pour cadre la parfaite petite ville américaine, théâtre fabuleux des drames intimes.


Livre de Poche, 2013 (éditions du Toucan, 2012) - traduit par Yoko Lacour

-SELECTION POUR LE PRIX DES LECTEURS-

17 septembre 2015

I hunt killers, par Barry Lyga

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Jazz Dent est un adolescent de dix-sept ans, tristement célèbre pour être le fils de l'un des tueurs en série les plus redoutés du pays. Bon, ce dernier croupit en prison. Le fils vit désormais chez sa grand-mère, mais a passé toute son enfance auprès de son paternel psychopathe, lequel l'a donc initié à ses us et coutumes, lui demandant de contribuer à rassembler ses petits trophées et en lui expliquant bien comment on procède pour être le meilleur serial killer.

Un autre gamin aurait probablement pété un câble, ou fini tout aussi taré, mais pas Jazz. Le garçon a su se distinguer, c'est un garçon droit, honnête et très intelligent. Son esprit vif et aiguisé le conduit souvent dans les pattes du shérif, surtout lorsqu'une enquête criminelle pointe son museau. La petite ville de Lobo's Nod, réputée tranquille, n'a pas coutume d'être le théâtre des horreurs... sauf qu'un cadavre de femme, aux doigts sectionnés, vient d'être découvert.

Jazz est convaincu que c'est la signature d'un tueur en série. Il reconnaît tous les signes, il supplie le shérif de l'enrôler dans son équipe, lui seul est capable de se glisser dans la peau et la tête d'un maniaque sanguinaire. Toutefois, il doit combattre les préjugés, certifier qu'il est innocent (eh oui ! cette enquête va révéler que le coupable s'est fortement inspiré de Billy Dent), mais aussi lutter contre des pulsions que son père estimait naturelles. Tel père, tel fils, voyons !

Amateurs d'histoires sombres, macabres et angoissantes, vous allez vous régaler ! Si, de plus, vous ne loupez pas un épisode de la série Dexter, je pense que cette lecture comblera toutes vos attentes. Pour ma part, je suis un peu restée en retrait, je n'ai pas trop adhéré à la mécanique trouble et grinçante de l'intrigue, mais j'admets que l'ambiance est particulièrement excitante. Etonnamment, il y a aussi beaucoup d'humour dans le récit - Jazz est un garçon pragmatique, parfois cinglant mais bougrement sarcastique. Il est entouré de son meilleur ami Howie, qui est hémophile, mais qui est surtout caustique et délirant, sans oublier Connie, sa petite copine folle de lui et prête à tout pour montrer à la face du monde qu'il est formidable et digne de confiance.

La fin vous glacera les sangs et laisse présager qu'un autre tome verra jour prochainement ! Game: The Sequel to "I Hunt Killers" sortira courant avril 2013 aux USA.


Coll. Msk pour les éditions du Masque, 2013 - traduit par Marie Cambolieu

Super packaging pour encadrer la promotion du livre, pour preuve : 

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Avec en bonus le fameux petit doigt ...  brr !

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17 septembre 2015

Sang dessus dessous, par Claude Izner

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A Paris, en 1998, Milo Jassy travaille en tant que bouquiniste sur les quais de la Seine. Il a pour voisine la pétulante Stella Kronenbourg, qui vend des souvenirs de pacotille aux touristes de passage. Lors d'une courte absence, il reçoit un paquet d'une cliente en colère, car les trois ouvrages sont abîmés. Là, il découvre un article de journal annonçant la mort d'un ancien ami et collègue, Roland Fresnel, assassiné dans sa boutique.

Il se rend aussitôt auprès de la sœur de la victime, Nelly, qui a été également son ancienne maîtresse. Les retrouvailles ont un goût amer, de larmes douloureusement séchées. Milo est meurtri, mal à l'aise. Il cherche à comprendre le crime, saisit des bouts de piste, se lance sur la trace d'une rouquine, rencontre au passage une photographe, délicieuse, élégante et énigmatique. Assez vite, il comprend que pour connaître la vérité, il doit procéder à une analyse de son propre parcours sentimental.

Et la fille au baladeur ! Silhouette fuyante, inquiétante, qui rôde et lime ses ongles, en attendant l'heure de sa vengeance... C'est quelque part saugrenu, un peu flippant, mais surtout sans queue ni tête. Hélas. J'étais toute disposée à me familiariser avec cette histoire, cette ambiance, mais j'ai trouvé le ton lourd, maladroit, avec des personnages si peu charismatiques (à l'exception de cette chère Stella !). Milo, au centre, est un type dépressif, désabusé, pas très brillant, nullement charmant. L'intrigue criminelle est pratiquement accessoire, nous avons beaucoup de ronds-de-jambe et un certain maniérisme dans la façon de délayer le suspense. A force, c'est un peu usant et j'ai été soulagée de tourner la dernière page, sans tomber des nues quant au dénouement de l'affaire.


Collection Grands Détectives chez 10/18 (2013)

17 septembre 2015

La vérité sur l'Affaire Harry Quebert, par Joël Dicker

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Cet épais roman de 630 pages représente en version audio pas moins de 21 heures d'écoute ! Ooooh, encore un exploit ! Mais heureusement, l'histoire est prenante, habilement construite, basée sur le judicieux principe de gober tous les propos du narrateur, qui nous force à emprunter une multitude d'impasses, avant de rebrousser chemin et d'arriver vers une issue, pour le moins, triste et amère. Globalement j'avoue que ce roman a su me prendre dans ses filets, même si l'histoire n'est peut-être pas exceptionnelle, elle est vraiment bien ficelée.

Cela commence sur l'arrestation de Harry Quebert, un écrivain qui doit sa renommée à la publication d'un roman à succès. Le corps d'une adolescente de quinze ans a été retrouvé dans son jardin, il s'agit de la jeune Nola Kellergan, disparue depuis une trentaine d'années, avec laquelle il aurait entretenu une liaison. Quel scandale ! Aussitôt, Marcus Goldman débarque dans la petite ville d'Aurora, dans le New Hampshire, et jure de prouver l'innocence de son maître et ami.

Mais quelle enquête ! que de révélations ! que de secrets enfouis ! Les tentatives d'intimidation vont également sortir leur museau, la population d'Aurora va se terrer sur elle-même, suspicieuse et songeuse. Tout le monde devient potentiellement coupable, peu à peu les langues se délient, et on replonge dans le passé, revivant les faits, les souvenirs, les supputations... C'est particulièrement retors et diabolique. Même les victimes deviennent des bourreaux, on a vite le tournis, à force d'être baladé entre le vrai et le faux.

A côté de cette sombre affaire, on découvre également les dessous de l'édition, le vedettariat, la panne d'écriture, la construction d'un livre selon 31 règles. Tout ça est foncièrement passionnant, cela participe au mouvement. Par contre, c'est assez long aussi, avec une pelletée de clichés (comme celui concernant la mère de Marcus) et une succession de rebondissements qui risque fort de lasser le lecteur. C'est le pari du schéma à rallonges, un projet ambitieux et plutôt réussi, avouons-le. J'ai ainsi plongé avec le plaisir de me perdre dans cette histoire-fleuve, bardée de retentissements, et je n'ai pas vu le temps passer. Et puis cela reste une lecture de pur divertissement, donc je ne regrette rien. La version Audiolib est encore une fois de qualité impeccable.


éditions de Fallois, 2012 / Audiolib, 2013
Texte intégral lu par Thibault de Montalembert (durée : 21 h 15)

17 septembre 2015

Glacé, par Bernard Minier

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Dans une vallée encaissée des Pyrénées, au petit matin d'une journée glaciale de décembre, les ouvriers d'une centrale hydroélectrique découvrent le corps sans tête d'un cheval, accrochéà la falaise. 
Ce même jour une jeune psychologue prend son premier poste dans le centre psychiatrique de haute sécurité qui surplombe la vallée. 
Le commandant Servaz, flic hypocondriaque et intuitif, se voit confier l'enquête la plus étrange de toute sa carrière.
Prix du meilleur roman francophone au Festival polar de Cognac

« Cette vallée était d'une beauté terrassante, qui transit Servaz.
Une atmosphère de conte de fées.
C'était bien ça : une version moderne et adulte des sinistres contes de fées de son enfance. Car, au fond de cette vallée et de cette forêt blanche, songea-t-il en frissonnant, c'étaient bien des ogres qui les attendaient. »

L'intrigue est habile et perverse, mais redoutablement longue. Comptez pour l'édition poche 730 pages ! C'est beaucoup trop. Je ne pense pas qu'il en fallait autant pour planter le décor, s'insinuer dans la vie des personnages, suivre des pistes, se perdre, avoir des soupçons, éparpiller des petits cailloux, en avoir les poches lourdes, se dire que l'ambiance est austère, fascinante, glaçante... C'est tout le mérite de cette plongée en enfer, une sensation étourdissante, un vrai coup de bluff. Il faut néanmoins avaler un récit consistant et beaucoup trop copieux pour atteindre le nirvana. Du coup, je sors de cette lecture, dont j'avais trop espéré, un peu déconfite.

(Pocket, 2012 )

17 septembre 2015

Fin d'un Champion (Lily Bard #2) - Charlaine Harris

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J'avais lu et bien aimé le premier tome de la série avec Lily Bard, sans toutefois sauter au plafond, parce qu'il faut bien admettre que l'héroïne aux idées noires plombe un peu l'ambiance générale. Heureusement ce deuxième rendez-vous révèle un potentiel nouveau et non dénué de charme, même si les évènements à Shakespeare ne sont toujours pas sujets à la plaisanterie.

Tout commence par la mort inexpliquée d'un champion de body-building, Del Packard, dans la salle de sports de son ami, et ancien amant, Marshall Sedaka. Lily, accessoirement femme de ménage et premier témoin sur les lieux du crime, pressent que de vieilles histoires vont remonter à la surface, en particulier l'affaire d'une agression contre un Noir, Darnell Glass. Un climat de suspicion et de haine raciale commence alors à s'immiscer dans les rues de la petite ville, ça en devient vite dérangeant et perturbant, surtout lorsqu'on réalise que telle ou telle personne serait impliquée dans une milice secrète aux activités extrémistes plus que douteuses. Et c'est tout le paradoxe de l'existence de Lily : elle ne rêve que de tranquillité, fait ses ménages en toute discrétion, et elle est toujours là au mauvais endroit, au mauvais moment, à fréquenter les mauvaises personnes.

Un nouvel arrivant, Jack Leeds, sème aussi la confusion dans ses pensées. Le personnage est encore trouble, mais... il y a matière à creuser ! Dans l'ensemble, la sensation d'une lecture sombre et pesante est toujours d'actualité (le sujet sur le racisme est lourd, mais traité avec un aplomb certain qui fait honneur à Charlaine Harris). On ne doit pas taire les drames intimes et mesquins des petites villes américaines, l'auteur met les pieds dans le plat et entraîne ses personnages sans tergiverser. Elle les malmène, mais elle les fait avancer, elle ne perd pas de temps avec la tendresse, le romantisme, ici les gestes sont brusques et maladroits, du coup les personnages ont tellement d'états d'âme qu'on en oublierait presque qu'un type est mort à la page 10. Enfin bref, j'ai été davantage séduite par cette nouvelle approche et compte bien m'installer plus longtemps à Shakespeare, Arkansas.


J'ai Lu, 2012 - traduit par Tiphaine  Scheuer

17 septembre 2015

Sombre Célébration (Lily Bard #3) - Charlaine Harris

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Changement de décor pour ce 3ème tome : Lily retourne à Bartley, sa ville natale, pour le mariage de sa soeur Varena. En feuilletant le journal local, elle découvre une vieille histoire de bébé kidnappé, huit ans plus tôt, puis reçoit la visite surprise de Jack Leeds. De nouveau, tout s'écroule autour d'elle : un médecin et son assistante sont retrouvés morts dans leur cabinet, puis une petite dame inoffensive est poignardée dans son jardin. Lily capte tout de suite les premiers signes de panique, la menace devient rampante et elle se sent prise au piège, car elle a compris que cette série d'évènements morbides pouvait ébranler le fragile équilibre familial.

Concernant la relation naissante entre Lily et Jack, c'est du petit lait à boire. Rien n'est simple, mais une chose est sûre : ces deux-là se sont trouvés. Toutefois, point d'empressement, entre le passé de Lily et celui de Jack, les vieux démons sont à la fête et les cicatrices sont encore vives. J'aime beaucoup ce qu'il se passe entre eux : Jack n'est pas un type gentil, il est surtout solide, un peu jaloux et possessif aussi, en plus d'être impulsif. Il faut une personnalité aussi complexe pour s'accorder avec Lily, méfiante et terrorisée par ses sentiments, par ce semblant de retour à la normalité dans son existence qu'elle vouait à la solitude.

J'apprécie de plus en plus cette série, à la tonalité morose du fait du caractère triste de Lily. J'ai juste un souci avec les silences inexpliqués et les visages trop expressifs dont raffole l'auteur (je ne sais pas décoder les messages subliminaux, les intentions ne sont pas claires). L'intrigue criminelle est sordide et dérangeante, on ne se sent jamais très à l'aise à lire tout ça, de plus Charlaine Harris sait gratouiller là où ça fait mal. Du coup, comme pour soulager nos esprits tourmentés, on suit avec placidité l'obsession ménagère de Lily et ses séances d'abdos, en attendant la suite du programme. C'est bon aussi d'apprendre à mieux connaître les parents et la soeur de Lily, je m'attendais à un tableau bien pire, ce qui est loin d'être le cas (parfois c'est même drôle !). Le prochain tome paraîtra en février 2013, je m'en réjouis d'avance !


J'ai Lu, 2012 - traduit par Tiphaine  Scheuer

17 septembre 2015

Avant d'aller dormir, par S.J. Watson

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Une femme se réveille dans un lit, la mémoire en vrac. Un homme dort à côté d'elle. Un sentiment de frayeur la gagne aussitôt. Dans le miroir de la salle de bains, son image lui fait pousser des cris d'effroi : elle a vingt ans de trop. Qu'est-ce que cela veut dire ? Et c'est ainsi, chaque matin, le même rituel. Christine souffre d'une amnésie rare (elle n'a plus aucun souvenir et ne peut stocker de nouvelles données). Elle a été victime d'un accident à l'âge de vingt-neuf ans, le temps a passé, la mémoire aussi, désormais elle tente de se reconstruire et de s'accrocher à sa vie en cherchant à comprendre. La lecture de son journal l'aidera peut-être à débroussailler son esprit ravagé.

Jour après jour, Christine doit enregistrer les mêmes informations. Son présent est morne, son passé est évanoui, elle tente de cerner les ombres, de combler les vides et cherche à reconstituer le puzzle. C'est long, troublant, assez répétitif, tous les matins elle repart de zéro, doit encaisser le même choc et ainsi ingurgiter vingt années d'une vie qui s'est déroulée sans elle. Alors pourquoi un tel traumatisme ? qu'est-ce qui a pu provoquer son accident ? pourquoi son mari Ben refuse de rencontrer les médecins ? Quel est le vrai du faux, en somme ?! Car l'histoire, aussi habile et terrifiante soit-elle, nous plonge dans un climat de paranoïa qui fait semer les doutes dans notre esprit. Et j'aime être baladée de la sorte, ne plus savoir ce qu'il faut penser, douter de tout et de tout le monde, imaginer le pire scénario, craindre un dénouement encore plus tordu qu'il n'est en réalité. Tout du long, la tension psychologique est parfaitement maîtrisée.

Le format livre-audio permet une nouvelle approche de la lecture, c'est une expérience excitante et bien frustrante aussi, puisqu'il faut s'en tenir au rythme de la narratrice et qu'il est impossible de sauter des passages. Je l'avoue, parfois j'ai eu envie d'aller plus vite que la musique. Mais je ne regrette pas ce format non plus ! Pour info, le texte est lu par Françoise Cadol, la voix française d'Angelina Jolie et de Mary Alice dans Desperate Housewives. (Prévoir 11 heures d'écoute !)


Audiolib, 2012 (Livre audio 1CD MP3 - 644 Mo) ou éditions Sonatine, 2011
traduit par Sophie Aslanides / Prix  SNCF du polar-roman 2012

17 septembre 2015

Les visages écrasés, par Marin Ledun

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Vincent Fournier, salarié d'un centre d'appels, n'en peut plus de subir la pression de ses supérieurs. Son médecin du travail, le docteur Carole Matthieu, est à son écoute. Un soir, après une longue discussion, elle s'empare de son Beretta et lui tire une balle dans la tête. Hop, ni vu ni connu. Le crime est découvert dès le lendemain, la police enquête et Carole fait profil bas. Elle sait qu'elle est coupable mais ne compte pas se dénoncer dans l'immédiat. Elle a l'autre Histoire, comme elle dit, à écrire.

Se présente alors une lente plongée au sein de l'entreprise, de ses arcanes et de ses révélations perfides et dérangeantes. Un réseau oppressant, un cercle vicieux, au centre duquel Carole elle-même est prise au piège. Se consacrant à son boulot corps et âme, elle réalise avec écoeurement qu'elle a été trompée par le système dans son intégralité.

Pour l'anecdote, j'ai terminé ma lecture juste avant d'éteindre la lumière pour dormir. Quelle erreur. Impossible de fermer les yeux après ça ! C'était comme si j'avais avalé une enclume. Je ne cessais de ressasser l'histoire de Carole, femme usée, droguée, abrutie par son monde du travail. L'histoire aussi est sordide et tellement réaliste, elle fait écho aux drames des dernières années (le harcèlement moral au sein de l'entreprise, des employés au bout du rouleau, poussés au suicide, une direction qui encaisse les coups en se lavant les mains, une opinion publique alertée avec un train de retard...).

C'est conscient de cette gangrène qu'on ne décolle plus le nez du livre. Qu'on absorbe ce récit éprouvant, au rythme saccadé, effréné, poussé dans ses retranchements. Ce livre est judicieux, écrasant mais percutant dans son approche. Quelque part j'étais gênée, mais j'étais aspirée par cet appel du vide. Et c'est prise d'un frisson d'effroi que j'ai tourné la dernière page, soulagée, sonnée mais admirative du tour de force.


Points, coll. Thriller, éd. 2012 / Grand Prix du Roman Noir (Festival du film policier de Beaune)

17 septembre 2015

La mort de Belle - Simenon

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Discret et pudique, Spencer Ashby n'imaginait pas que son existence allait basculer dans un tel cauchemar, après une simple soirée à bosser chez lui, tandis que son épouse Christine était sortie pour jouer au bridge avec des amis. Le lendemain matin, Belle, la fille d'une copine de fac de Christine, hébergée chez eux depuis un mois, est retrouvée morte dans sa chambre. Et comme Spencer était seul dans la maison, sans alibi sinon sa parole d'honneur, le voilà désigné suspect idéal !

Aussitôt il refuse cette fatalité mais commet de nombreuses maladresses pour sa défense. Les enquêteurs le cuisinent, même Christine semble soucieuse, puis toute la petite communauté du Maine où ils habitent chuchote dans son dos, des appels téléphoniques anonymes abrutissent leur quotidien, la pression se fait de plus en plus insupportable. Spencer perd pied.

A force d'être passé à la moulinette, de subir des interrogatoires humiliants, de ressasser des faits, des gestes, d'être étudié sur un plan psychologique, Spencer endosse un sens tragique qui le dépasse. Il serait un meurtrier en puissance ? Alors, soit. Cet homme aux abois va craquer.

Dans une atmosphère pesante, chargée par la suspicion générale, on découvre un homme accablé. Et c'est sur cette corde, un mélange de fragilité, de gravité et d'affliction, que se place la narration de François Marthouret (son visage est familier, moins son nom). C'est tout à fait admirable ! La lecture révèle les angoisses, les failles, les mises en abîme. On réalise aussi qu'on ne sait plus ce qu'il faut croire, on est pris au piège de ce delirium et on attend la délivrance ... qui arrive, mais non sans nous frustrer ! Un saisissant Simenon !

Écoutez l'extrait lu par François Marthouret
17 septembre 2015

Miserere, par Jean-Christophe Grangé

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Flic à la retraite, Lionel Kasdan reprend du service en découvrant le cadavre de l'organiste dans sa paroisse. Son collègue improvisé, Cédric Volokine, est un jeune inspecteur brillant, mais junkie en cure de désintoxication, venant tout juste de surgir du fond de sa cellule. A eux deux, ils forment une équipe de bras cassés, particulièrement cocasse, car l'un est désabusé et l'autre tout aussi cynique sur la condition humaine, l'esprit de noël, les crimes commis sur les enfants, les injustices etc.

Face à eux, une sombre histoire mêlant une chorale d'enfants, un chant lyrique d'une pureté absolue, un contexte politique ahurissant, et je n'ose m'avancer davantage. Au fil des chapitres, j'étais interpellée par les nouvelles pistes, les révélations et les constats tous plus aberrants les uns que les autres. Il est vrai que parfois, la vérité est encore plus dérangeante !

C'était le premier roman de JC Grangé que je découvrais et je n'ai pas été déçue ! C'est une histoire noire, terriblement amère et désolante. Le narrateur qu'est Jacques Chaussepied a d'ailleurs tout saisi du moral abattu de nos protagonistes, le ton est accablant, le rythme glaçant... c'est carrément bluffant. Tout le monde est las des vicissitudes de l'espèce humaine, même l'issue nous met sommairement k-o. C'est probablement glauque, mais alléchant, et je renouerai bien vite avec cet univers obscur, notamment avec Kaïken


éditions Albin Michel, 2008 / Audiolib, 2008
Livre audio 2CD MP3 638 Mo + 623 Mo -  Temps d'écoute : 17 heures 30

Écoutez l'extrait lu par Jacques Chaussepied
17 septembre 2015

La muraille de lave, par Arnaldur Indridason

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Le commissaire Erlendur est en vacances prolongées et a coupé tout contact avec ses collègues. Voilà qui donne un peu de champ libre à Sigurdur Oli, dont on va découvrir la véritable personnalité, lui qui est décrit comme un type froid, très snob et un mauvais mari, l'occasion lui est donné de se présenter sous un jour nouveau. Et effectivement, la recette est miraculeuse. J'ai pris plaisir à mieux cerner ce personnage torturé, à travers ses relations avec sa mère, mais aussi avec son père, à travers leur histoire de couple notamment, puis leur séparation. Inévitablement on pense à sa propre histoire avec Bergthora et certaines fêlures trouvent enfin leurs explications.

N'oublions pas que Sigurdur est flic et qu'il doit tremper dans la gadoue pour aider un ancien camarade d'école. Le beau-frère de celui-ci s'est fait pincer dans une soirée *entrecôtes* et depuis il est victime de chantage. Une petite intervention anodine de Sigurdur pourrait impressionner la jeune femme et calmer le jeu. Hélas, cette dernière est rouée de coups par un individu. Seul témoin sur les lieux, le policier est alors dans l'embarras.

L'enquête va également nous conduire auprès d'investisseurs banquiers, déterrer de vieux dossiers mêlant le sexe, le fric et le crime crapuleux. Ambiance poisseuse, mais ambiance pesante. A ceci s'ajoute un revenant du passé, un clochard qui veut raconter à Erlendur son enfance dévastée par la faute d'un pédophile. Bon, on ne se marre pas à tous les coins de page, c'est sûr, mais on ne moufte pas non plus. Il faut suivre cette histoire dans un silence religieux et angoissant, qui ne laisse rien filtrer. Lorsque les masques tombent, forcément on en prend un coup au moral.

Insoupçonnable et pourtant élémentaire, cette histoire nous plonge dans des abîmes profonds. C'est amer, mais c'est bon comme un café sans crème. Par contre, j'ai souri malgré moi en replongeant dans cette Islande en pleine croissance économique, c'était une époque pas si ancienne, mais qui nous semble tellement surréaliste aujourd'hui... Prévoir pas moins de 10 heures d'écoute en version Audiolib.


éditions Métailié, 2012 et Audiolib 2012  -  traduit de l'islandais par Eric Boury

Jean-Marc Delhausse excelle à mettre son interprétation au juste ton de ce sombre constat d'un monde qui renie ses valeurs.

Écoutez l'extrait lu par Jean-Marc Delhausse
17 septembre 2015

Miséricorde, par Jussi Adler-Olsen

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Carl Morck est un enquêteur hors pair, mais une récente affaire l'a fait tomber dans une fusillade qui a coûté la vie à un collègue et scotché un autre sur un lit d'hôpital. Profondément meurtri et traumatisé, Carl tente de reprendre le boulot, où l'attend une étrange promotion. Un nouveau service vient en effet d'être créé, le Département V, qui consiste à traiter les affaires classées et jamais résolues. Une bonne planque, selon Carl. Or, on lui colle un drôle de zèbre comme assistant, un réfugié syrien du nom d'Assad, qui aime les boissons et pâtisseries trop sucrées et fait preuve d'un esprit particulièrement aiguisé en dépit de son apparente bonhomie.

C'est ainsi que Carl et Assad vont s'acharner sur le dossier d'une jeune et brillante politicienne, Merete Lyyngaard, disparue cinq ans plus tôt alors qu'elle était sur un ferry avec son frère. La construction du roman est plutôt habile, puisqu'elle nous propose une autre histoire en parallèle, au cours de laquelle nous suivons la jeune femme avant et pendant son kidnapping. Ambiance glauque, stressante et angoissante à souhait.

Même si au départ, Carl Morck nous apparaît comme un flic antipathique, avec un sens de l'ironie très prononcé et un caractère de mauvais cabot qui finit de le crucifier, j'ai tout de suite accroché au portrait de ce mauvais bougre, dont la petite vie personnelle n'est guère transcendante non plus. De toute façon, jamais l'auteur ne cherche à nous vendre du rêve et c'est ce qui a fini de me charmer ! Et comme je suis une inconditionnelle de la série Cold Case, avec Lilly Rush, j'avais donc de grandes chances pour mordre à l'hameçon. Certes, j'ai rapidement deviné l'issue de cette intrigue retorse et malsaine, et pourtant je n'ai jamais poussé le moindre soupir, d'ennui et de dépit, j'étais alpaguée, un peu à cran aussi et définitivement dépaysée. Les polars nordiques sont désormais ma nouvelle marotte !

Expérience de lecture en Audiolib : la voix de James Bond (version Daniel Craig) et 14 heures 34 de lecture / patience. :)


Texte intégral lu par Eric Herson-Macarel - traduit du danois par Monique Christiansen
Albin Michel, 2011 / Audiolib, 2012

Grand prix des lectrices de ELLE policier - Prix du meilleur polar scandinave

Écoutez l'extrait lu par Eric Herson-Macarel
17 septembre 2015

Murmures d'outre-tombe (Les mystères de Harper Connelly #1) - Charlaine Harris

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Pas de sexe, aucun vampire mais des macchabées ! J'ignorais à quoi m'attendre en ouvrant le tome 1 des Mystères de Harper Connelly mais j'ai très vite été emballée par ce que je lisais. Harper a été frappée par la foudre à l'âge de 15 ans, depuis elle possède la "faculté" de sentir les morts, de trouver les corps des disparus et de voir leurs derniers instants. Elle arrive avec son frère Tolliver dans la petite ville de Sarne, dans l'Arkansas pour retrouver le corps d'une adolescente et ainsi prouver que son petit copain ne s'est pas suicidé après l'avoir assassinée. L'affaire sent le roussi, d'autant plus que Harper et Tolliver ne sont pas accueillis les bras ouverts. Malgré tout, la jeune femme fait son truc et pense repartir aussitôt. C'est là que tout se complique, car son arrivée n'a pas fait que remuer tout un tas de fumier couvrant de gros secrets de famille, elle a aussi exacerbé des passions toutes plus folles les unes que les autres, le climat devient très, très lourd dans cette petite ville américaine, et pas seulement parce que le temps tourne à l'orage.
Honnêtement, ce fut une très bonne surprise que de se plonger dans cette atmosphère, Harper et Tolliver participent malgré eux à une enquête policière et nous font, en plus, entrevoir leur passé familial, très douloureux, et leur vie d'errance à se balader dans tout le pays pour mettre à profit le don de Harper. Nous comprenons aussi ses souffrances, son sentiment de solitude et de désoeuvrement dès qu'elle perd confiance en elle, ou dès que son frère disparaît de son champ de vision, leur relation est fusionnelle et même un peu hors norme. Tous deux portent aussi les stigmates de la disparition de Cameron, la jeune soeur de Harper, survenue quelques années plus tôt, et dont on n'a jamais retrouvé le corps, ce qui a pour effet d'obséder Harper. Une bonne série à suivre, selon moi (et courte, puisque seuls 4 tomes ont été publiés).


J'ai Lu, 2011. Traduit de l'américain par Sophie Dalle. 

17 septembre 2015

Un blog trop mortel, par Madeleine Roux

Septembre 2009. Allison et ses collègues de la librairie Brooks & Peabody sont bloqués dans la salle de repos suite à une attaque de ... zombies ! Toute la ville est tombée entre leurs mains, ils sont six à se demander ce qu'il vient de se passer, d'où est venu le mal, et c'est par l'intermédiaire du blog, spécialement créé par Allison, que nous plongeons au coeur des ténèbres. 
Tout de suite, l'ambiance est stressante, inquiétante, suspecte, démentielle et j'en oublie. Mais déjà on tourne les pages du roman avec avidité, pour savoir, pour comprendre, pour connaître la suite de l'histoire. On a très peur pour Allison et ses collègues, on les trouve imparfaits et fades mais on les aime bien, on est fou de joie de l'arrivée du chien Coquin, on est surpris, écoeuré, perplexe. 
Bon, à ce rythme-là, on s'interroge sur la partie à jouer. Est-ce que tout le roman, soit plus de 400 pages, va se cantonner à la petite salle de repos ? Non, les vivres vont manquer, l'hygiène laisse à désirer, les attaquants vont redoubler d'efforts, il faudra donc bouger. 
Et c'est tant mieux aussi parce que l'intrigue est relancée, les aventures vont s'attacher à Allison comme une seconde peau. C'est intense, carrément flippant, et son blog est un phare dans la nuit, lu par d'autres survivants (quelle surprise ! ils ne sont pas seuls) et parmi eux il y a la mère d'Allison, encore plus étrange et stupéfiant, mais on en redemande. 
Vraiment le tempo du livre est bien mené, on passe par des phases de désoeuvrement, de doute et d'anéantissement à d'autres phases de joie, de rencontre, de promesse et d'espoir. Il y a de l'action, oui, parfois ça frise un peu le ridicule mais la crédibilité n'a plus droit de cité (hein, on parle de zombies à la base!). Contre toute attente, c'est drôle et sarcastique. Enfin tout ça fait un mélange intéressant, la lecture est captivante, seule la fin laisse encore planer le doute, je ne vous dis rien, bien entendu, mais j'aimerais qu'on m'éclaire ! 
Hasta luego, miss Hewitt !


Fleuve Noir, coll. Territoires, 2011. Traduit de l'américain par Sonia Quémener.

N.B. : Bof, bof sur le titre français ! Préférez la simplicité du titre original : Allison Hewitt is trapped (a zombie novel) ^-^ 

17 septembre 2015

Changeless (Parasol Protectorate #2) - Gail Carriger

la suite de Soulless,

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La vie maritale offre à Alexia l'occasion de s'envoyer en l'air, par dirigeable, et de découvrir l'Ecosse et ses kilts, avec un aplomb tout à fait remarquable. Il faut dire que la paranaturelle a déjà frôlé la mort par deux fois, c'en est assez pour rouspéter et fourrer son nez dans les affaires de son mari, de plus en plus cachottier. Alors que tous deux affrontent son ancienne meute de Kingair, un phénomène d'humanisation frappe les créatures surnaturelles, sans raison valable. Comme c'est étrange ! De plus, la meute est rancunière et veut protéger ses secrets, mais Alexia n'en peut plus de faire semblant et brûle de mettre les pieds dans les plats. La connaissant, cela promet d'être virulent. Et de nouvelles rencontres, comme la modiste française, Mme Lefoux, aux allures excentriques, sèment le trouble dans l'esprit de notre héroïne, ça et les déboires sentimentaux de miss Ivy et la soudaine obsession lubrique de sa soeur Felicity, quel chantier ! Je ne sais plus si je suis amoureuse de l'univers de Gail Carriger, ou de ses personnages, ou de l'humour, ou même de l'intrigue bien fournie et mystérieuse, sans oublier le point final, crucial, mémorable, impitoyable. Tout ce que je sais, c'est qu'il ne faudrait pas attendre trop longtemps pour dévorer la suite. Miam !


Published April 1st 2010 by Orbit 

Quelques perles :

“I like fish," chirruped Tunstell. 
"Really, Mr. Tunstell? What is your preferred breed?" 
"Well"--Tunstell hesitated--"you know, the um, ones that"--he made a swooping motion with both hands--"uh, swim.”

***

She reached inside the wide ruffle and pulled out a little vial. 
“Poison?” asked Lady Maccon, tilting her head to one side. 
“Certainly not. Something far more important: perfume. We cannot very well have you fighting crime unscented, now, can we?” 
“Oh.” Alexia nodded gravely. After all, Madame Lefoux was French. “Certainly not.”

17 septembre 2015

Hantise, par Michele Jaffe

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Jane se réveille sur un lit d'hôpital sans le moindre souvenir de son accident. Son corps a été retrouvé dans un rosier, une voiture a tenté de l'écraser. Pourquoi, que s'est-il passé la veille au soir ? Jane et ses deux meilleures amies se sont rendues à une party où les choses ont vraisemblablement dégénéré. Le médecin qui s'occupe de Jane pense qu'elle a volontairement enterré ses souvenirs pour ne pas devoir affronter une vérité trop douloureuse, alors commence un long, lent travail de reconstruction. Comme un puzzle dont on assemble les morceaux au petit bonheur la chance. La vie de Jane, populaire, entourée, aimée, choyée, apparaît alors moins glamour et enviée. 
Et très franchement, j'ai beaucoup aimé ! C'est un vrai roman à suspense, avec une ambiance à la Gossip Girl (beauté, richesse, amitié et amour en dehors, mais trahison et tromperie en dedans), bref j'étais intriguée, très curieuse, j'ai tourné les pages, j'ai longtemps cru deviner le fin mot de l'histoire, je me suis trompée, mais je n'étais pas loin ! L'auteur fait vraiment planer le doute, on se surprend à remettre en question la sincérité de tous les amis et proches de Jane. Même les nouvelles rencontres, aussi grisantes soient-elles, nous semblent trop belles pour être vraies. 
Une lecture redoutable et efficace. 


Hachette jeunesse, coll. Black Moon, 2011. Traduit de l'anglais par Laure Porché. 

17 septembre 2015

Peur Express, par Jo Witek

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Gare de Lyon, à Paris, un soir de décembre, quelques jours avant Noël. Le TGV 175 s'apprête à partir, les passagers s'entassent dans les wagons, c'est l'effervescence mais ce voyage va étrangement ressembler à un épisode de la Quatrième Dimension.
Rappelez-vous, la série créée par Rod Serling : "Nous sommes transportés dans une autre dimension, une dimension faite de sons, mais aussi d'esprit. Un voyage au bout des ténébres où il n'y a qu'une destination : la Quatrième Dimension."
Super ambiance, bien flippante.
Les acteurs de ce drame sont en fait des adolescents, qui vont basculer dans l'horreur, victimes d'hallucinations (ou pas ?), certains verront des fantômes, d'autres un vampire ou un tueur en série ou même un officier Nazi... Le TGV est lancé à une vitesse éclair, puis c'est la panne, sur un viaduc. La panique monte d'un cran, à bord du train le contrôleur tente de calmer le jeu, mais sa rame est devenue le théâtre de l'enfer : plus d'électricité, plus de vivres, des adolescents qui pètent un câble, il faut gérer les angoisses et les délires des uns et des autres, bref ça s'éparpille dans tous les sens et ça ressemble à une grande foire d'empoigne où on ne sait plus trop ce qu'il faut croire.
Jo Witek a réalisé un véritable tour de force en établissant ce climat oppressant où le surnaturel s'entremêle à une réalité sordide, le mélange est quelque peu déstabilisant, j'avoue, je ne m'y suis pas sentie à l'aise. C'est à la fois stressant et dérangeant, mais je n'ai pas réussi à accrocher même si l'ensemble  n'est pas désagréable à lire non plus. Ma curiosité a été titillée du début à la fin.
Me reste le sentiment d'avoir plongé dans une lecture pas commune et très, trop bizarre. 


Actes Sud junior, coll. Thriller, 2012 

17 septembre 2015

Les Guerriers de la Nuit, par Jean-Pierre Andrevon

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Un bon western, saupoudré de culture indienne, de légendes, d'apparitions de fantômes, de vengeance et de liens familiaux... il plaira aux amateurs du genre !
Val est agent du FBI et doit enquêter sur un crime commis dans la région de Navajo Mountain. C'est un territoire des indiens, au milieu duquel le clan White, de riches industriels, a établi sa fortune au prix de gros sacrifices humains. Et c'est à partir de ces vieilles rancunes qui l'histoire d'aujourd'hui semble se construire. L'un des membres de cette famille a été assassiné, et ce n'est qu'un début.
Alors que Val tente de s'imprégner des lieux, de ses mystères et cerne le poids des secrets au gré de ses rencontres, l'enquête se durcit et les meurtres s'enchaînent. Bien malgré lui, notre chargé du gouvernement se retrouve dans le rôle d'arbitre, partagé entre deux camps, entre le coeur et la raison.
Ce roman se lit vite et bien. Val s'avère un flic lamentable qui passe davantage de temps à observer et piétiner, alors que la solution est sous son nez. Il faut croire, aussi, que le jeune homme est un peu parti en quête de lui-même !
La fin du roman se termine dans un voile de brouillard, la perspective est intéressante, les coupables ont été punis, justice a donc été faite, c'est du moins sur ce sentiment qu'on referme le livre qui ne cherche pas à épiloguer.
Je garderai ainsi le souvenir d'une belle atmosphère, dans le sud-ouest américain. Un roman totalement dépaysant !


Flammarion, coll. Tribal, 2011 

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